Les phobies

18 mai

Les phobies apparentées aux troubles anxieux désignent un ensemble de troubles psychiques au sein desquels l’angoisse se focalise sur un objet, une situation ou une activité particulière. 

 

Qu’est ce qu’une phobie?

Une phobie est caractérisée par la peur irrationnelle d’une situation particulière comme la peur de prendre l’ascenseur ou d’un objet spécifique comme la peur des araignées. La phobie se situe au-delà d’une simple peur car c’est une véritable angoisse qui s’empare de la personne qui y est confrontée. La personne phobique est tout à fait consciente de sa peur et tentera par tous les moyens d’éviter la situation ou l’objet redouté. On considère que la peur est anormalement gênante quand il y a une souffrance, des évitements ou une modification du comportement. Une phobie est considérée comme grave et nécessite une prise en charge lorsqu’elle oblige l’individu à restreindre ses activités et que sa qualité de vie est impacté de façon importante.

 

Les différentes type de phobie: 

Il existe différents types de phobies, elles se définissent par l’objet qui déclenche la peur. `

  • Les phobies simples ou phobies spécifiques (peur d’une chose ou d’une situation) sont très répandues puisqu’elles touchent 5 à 10% de la population. Elles sont souvent sans incidence car les personnes qui en souffrent réussissent à les contrôler.
  • Les formes les plus graves de phobies notamment les phobies sociales ( crainte des gens, du regard et de la présence de l’autre) handicapent entre 3 à 5% de la population française. Elles se manifestent par des pertes importantes de confiance en soi.

 

Prévalence: 

En France 1 personne sur 10 souffrirait de phobie. Les femmes seraient davantage touchées (2 femmes pour 1 homme). Enfin, certaines phobies sont plus fréquentes que d’autres et certaines peuvent toucher davantage les plus jeunes ou les personnes âgées.

Cause: 

L’éducation ainsi que l’environnement familial semblent jouer un rôle important dans l’apparition des phobies. En effet, bien que l’existence de facteurs génétiques n’ait pas été démontrée, un parent phobique peut transmettre une certaine vulnérabilité émotionnelle à son enfant sans le vouloir qui peut le prédisposer aux phobies.

Les phobies simples sont le plus souvent en lien avec un événement traumatisant (réel ou fantasmé) de l’enfance. On comprend alors facilement qu’un enfant mordu par un chien développera une phobie des chiens. Ce type de phobie est fréquente et se dissipe à l’adolescence. Lorsqu’elle se manifeste à l’âge adulte, la phobie s’atténue également avec le temps souvent grâce aux stratégies d’évitement mises en place.

Concernant l’agoraphobie, elle est généralement liée à la survenue répétée de crises de panique. Cependant, elle peut aussi apparaître très progressivement en l’absence de troubles paniques. Ce type de phobie, contrairement aux phobies simples tend à s’aggraver avec le temps. Le patient sort de moins en moins tandis que son anxiété prend de plus en plus d’ampleur. Ainsi, nombreux sont les individus souffrants d’agoraphobie qui développent une dépression ou une addiction.

Enfin, la phobie sociale peut se développer suite à une situation vécue ou à l’observation du comportement d’autres individus. Par ailleurs, le fait d’évoluer dans une famille repliée sur elle-même ayant peu de liens sociaux extérieurs et au sein de laquelle le jugement d’autrui occupe une place excessive, peut induire une phobie sociale. Tout comme l’agoraphobie, la phobie sociale a tendance à s’accentuer avec le temps. Près de 60% des phobiques développent une dépression. La dépendance à l’alcool est également fréquemment présente chez ces patients. Par ailleurs, d’autres troubles anxieux peuvent venir s’ajouter à la phobie.

 

Diagnostic: 

Pour poser le diagnostic de phobie, il faut s’assurer que la personne présente une peur persistante de certaines situations ou de certains objets.

La personne phobique est terrifiée à l’idée d’être confrontée à la situation ou à l’objet redouté. Cette peur peut rapidement devenir une angoisse permanente pouvant parfois évoluer en attaque de panique. Cette anxiété incite la personne phobique à contourner les situations ou les objets qui suscitent chez elle de la peur, par des conduites d’évitement et/ou de réassurance.

Pour poser le diagnostic de phobie, le professionnel de la santé peut se référer aux critères de diagnostic de la phobie figurant dans le DSM IV. Il peut mener un entretien clinique précis afin de rechercher les signes de manifestation d’une phobie.

De nombreuses échelles telles que l’échelle de peurs (FSS III) ou encore le questionnaire des peurs de Marks et Mattews sont à la disposition des médecins et des psychologues.

 

Traitement: 

L’ancienneté et la sévérité de la pathologie déterminent les techniques de soin les plus adaptées.

Dans le cas d’une peur des oiseaux par exemple, le professionnel de santé va d’abord faire plusieurs séances de relaxation sur l’image de l’animal en question. Le travail se fera par palier pour ne pas brusquer les choses. Il portera sur une acceptation de l’animal en se servant de photo puis de contact progressif avec lui. Des techniques de contrôle de l’anxiété pourront venir renforcer ce travail.

Pour l’agoraphobie, les psychothérapies comportementales peuvent être d’un grand secours.

Pour les phobies sociales, le traitement s’effectuera par le biais de thérapies cognitives. Cela permet de travailler sur la façon de percevoir les autres. Il faut toujours que les choses se fassent de façon progressive sous peine de renforcer les craintes au lieu de les soigner.

D’autres thérapies non médicamenteuses peuvent être utilisées: thérapies comportementales et cognitives, hypnoses, EMDR, psychothérapies, psychanalyse, sophrologie…

 

Si le patient souhaite faire un travail plus en profondeur sur lui-même afin de découvrir l’origine de sa phobie, il pourra expérimenter une thérapie analytique, plus longue. L’hypnothérapie peut être employée.

Les médicaments sont dans la plupart des phobies utilisés que ponctuellement afin de soulager les symptômes liés à l’anxiété. La phobie sociale est la seule à pouvoir faire l’objet d’un traitement de fond sur plusieurs mois. Les médicaments utilisés sont des anxiolytiques ou des antidépresseurs.

Le cas de la phobie scolaire: 

Environ 4 à 5 % des enfants scolarisés, tous âges confondus, présentent des troubles anxieux en relation avec l’école. 1% d’entre eux souffrirait d’une forme extrême de ce syndrome. On les dit alors victimes de « phobie scolaire ». Mais le diagnostic reste difficile  à poser, les parents ayant tendance à penser malgré les vomissements, les pleurs, le refus de se lever le matin manifestés par l’enfant, qu’il « fait semblant ». Quant aux professionnels, il leur faut distinguer le refus scolaire qui vient d’un trouble des apprentissages, l’absentéisme de convenance d’un refus vraiment lié à trop d’anxiété. Dans ce dernier cas, l’enfant dit être désireux de suivre les cours, il peut même être doué, mais il n’y arrive tout simplement pas.

Une enquête menée par une association de parents a montré que 80% des enfants souffrant de phobie scolaire ont été victimes d’un harcèlement psychique ou d’une agression physique dans le cadre de l’école. Pour les experts, le refus scolaire est aussi à envisager en rapport avec les angoisses de séparation nées dans la toute petite enfance et qui se réactivent à la faveur de la scolarisation. Les meilleurs traitements à ce jour restent une prise en charge TCC ou une psychothérapie familiale. Dans le premier cas, on encourage l’enfant à effectuer d’autres apprentissages comme l’envoyer chercher du pain et lui apprendre à compter la monnaie, ce qui lui permet de développer ses compétences et sa confiance en lui. En thérapie familiale, le thérapeute cherche à mettre au jour les règles et les enjeux familiaux dissimulés derrière le trouble scolaire de l’enfant.

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