Les addictions

30 mai

Les addictions sont synonyme de dépendance: désir puissant et permanent de continuer une consommation malgré toutes les complications que cela occasionne. Il existe plusieurs types de comportements dans la consommation d’un produit, allant de l’usage simple à la dépendance. L’utilisation du terme « pratique addictive » permet d’aborder ce problème dans sa globalité, y compris sa prévention. 

 

Comprendre les addictions 

Les addictions les plus répandues concernent le tabac et l’alcool. Viennent ensuite le cannabis et loin derrière les opiacés, la cocaïne, les amphétamines et dérivés de synthèse. Il y a aussi des addictions liées à des activités comme les jeux d’argent, les jeux vidéo, le sexe ou encore les achats compulsifs.

Certaines substances ont un pouvoir addictif supérieur à d’autres compte tenu de la proportion de personnes dépendantes parmi leurs consommateurs. La vitesse d’installation de la dépendance varie également en fonction des substances. Les dépendances au tabac, à l’héroïne et à la cocaïne peuvent se développer en quelques semaines alors que celle à l’alcool est beaucoup plus lente. Parmi les jeux vidéo, ceux en réseau sont réputés être les plus addictogènes en particulier les jeux de rôle multi-joueurs.

 

Les pratiques addictives : 

Ce sont l’ensemble des pratiques de consommation d’une substance psychoactive. Trois modes sont distingués:

Usage: consommation occasionnelle ou régulière qui n’entraine pas de problème de santé ou d’autre dommage à court terme. toutefois, des complications peuvent survenir à moyen ou à long terme

Usage nocif: consommation répétée qui est responsable de complications sur le plan de la santé, de la vie privée et/ou du travail. Ce comportement est pathologique.

Dépendance : le sujet ressent un désir puissant de continuer sa consommation malgré toutes les complications existantes. Il n’arrive pas à contrôler ce besoin et des effets de « manque » peuvent se ressentir. Le sujet se désinvestit de toutes ses activités familiales, sociales et professionnelles. Toute sa journée est organisée autour de la consommation de substances psychoactives. Ce comportement est pathologique. Lors de l’arrêt, un syndrome de sevrage peut survenir.

 

Le diagnostic:

Le diagnostic de l’addiction (ou dépendance) repose sur des critères bien définis, fixés par des instances internationales de santé mentale et répertoriés dans un manuel, le Diagnostic and Statistical manuel of mental disorder (DSM).

Un sujet est considéré comme souffrant d’une addiction quand il présente ou a présenté, au cours des 12 derniers mois au moins deux des onze critères suivants:

  • besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance ou de jouer
  • Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de substance ou au jeu
  • Beaucoup de temps consacré à la recherche de substances ou au jeu
  • Augmentation de la tolérance au produit addictif
  • Présence d’un syndrome de sevrage c’est a dire de l’ensemble des symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation ou du jeu
  • Incapacité de remplir des obligations importantes
  • Usage même lorsqu’il y a un risque physique
  • Problèmes personnels ou sociaux
  • Désir ou efforts persistants pour diminuer les doses ou l’activité
  • Activités réduites au profit de la consommation ou du jeu
  • Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques

L’addiction est qualifiée de faible si 2 à 3 critères sont remplis, modérée pour 4 à 5 critère s et sévère pour 6 critères et plus.

 

Des conséquences délétères : 

Lorsqu’elles ne sont pas soignées, les addictions peuvent avoir une issue sévère voire tragique. Celle-ci peut être directement liée à l’usage excessif de la substance (overdose) ou provoquée par les effets secondaires à long terme. (cancer). L’usage répété de drogues favorise en outre les troubles psychiques et cognitifs qui peuvent peser sur les résultats scolaires ou professionnels, voire progressivement entrainer une déscolarisation et une marginalisation. A terme une addiction sévère non soignée aboutit le plus souvent à l’isolement, la désocialisaiton et la paupérisation.

 

Au niveau du cerveau :

En travaillant sur des souris, un neuroscientifique californien avait observé qu’une seule injection de cocaïne changeait la transmission du glutamate dans l’aire tegmentale ventrale (une région du cerveau qui est impliqué dans le circuit de la récompense) et induisait des transformations qui provoquaient une addiction pendant une semaine. En renouvelant l’expérience une équipe genevoise s’est rendu compte qu’en quelques heures le nombre de synapses glutarminergiques augmentait leur efficacité dans cette aire. En réponse à la libération excessive provoquée par la cocaïne, d’un autre neurotransmetteur, la dopamine qui intervient aussi dans le processus d’apprentissage lié à l’obtention d’une récompense.

Cependant ce processus peut toutefois être réversible. Le cerveau dispose d’un système de défense contre ce type de perturbation et les chercheurs ont identifié des protéines qui y participent. En agissant sur elles à l’aide de substances pharmacologiques, ils sont parvenus à restaurer une communication normale entre les neurones des souris et à les débarrasser de leur accoutumance à la cocaïne.

 

Les personnes à risque:

La survenue d’une addiction repose sur trois composantes: l’individu, le produit et l’environnement.

Chaque individu est plus ou moins vulnérable à l’addiction et une part de cette vulnérabilité est d’origine génétique.

Sur le plan du comportement les personnes montrant de l’anxiété, un caractère introverti ou encore une tendance dépressive chez qui les psychotropes vont améliorer le fonctionnement psychique, ont un risque accru de dépendance. C’est aussi le cas chez des personnes avides de sensation fortes.

Des facteurs environnementaux sont également impliqués notamment la disponibilité du produit. Par exemple le principal facteur de risque de dépendance au tabac est d’avoir grandi au sein d’un foyer de fumeur, ce qui facilite l’accès au tabac. De même que l’addiction au cannabis est fortement associée au fait d’avoir eu des amis fumeurs au moment de l’adolescence.

Pour terminer, l’âge de début de consommation joue également un rôle. L’initiation précoce est responsable d’une vulnérabilité accrue. Commencer à consommer de l’alcool au début de l’adolescence multiplie par dix le risque de devenir alcools-dépendant à l’âge adulte par rapport à une initiation plus tardive vers l’âge de 20 ans.

 

Le sevrage : 

La prise en charge d’une addiction est multidisciplinaire, elle repose sur l’association d’un traitement médicamenteux, d’une prise en charge psychologique individuelle et/ ou collective et d’un accompagnement social. La prise en charge est souvent longue et semée de rechute. Le succès dépend de la motivation du patient a se sevrer, de l’amélioration durable de ses conditions de vie et de son estime de lui comme trouver un emploi, mener des activités, avoir des centres d’intérêt, trouver un rôle dans la vie sociale. Les groupes de parole ont une grande importance pour parvenir à cela. Ils offrent un soutien majeur pendant et après le sevrage, grâce aux échanges d’expériences de personne ayant vécu le même type de parcours.

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